Le concept

Le Booktube  est un terme qui provient de l'anglais, concentration des termes « book » (livre) et « Youtube » (plateforme de vidéos en ligne). Il désigne une vidéo dont le sujet est dédié à la présentation de livres ou à la critique littéraire.

Lectura Plus vous propose un remix du concept du Booktube version Patrimoine Power !

 

Épisode 5 : Et voilà les Savoyards à la Médiathèque Jean-Jacques Rousseau de Chambéry

Synopsis

Pour le cinquième épisode de la saison 3 des Booktubes du patrimoine, Clothilde s'est rendue à la Médiathèque Jean-Jacques Rousseau de Chambéry où elle a découvert la multiplicité des documents et objets conservés par l'établissement : les cartes, plans, affiches, tracts, cartes postales, jeux de société témoignent de l'histoire singulière des territoires de Savoie. La narration, inspirée de la série des Shadoks met l'accent sur la nécessité de conserver, conserver, conserver !

Réalisation

Création originale de Clothilde Chamussy pour la chaîne Passé Sauvage.
La production et la réalisation de cette vidéo ont eu lieu dans le cadre du projet Lectura Plus, financé par les collectivités partenaires, avec le soutien de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes et coordonné par Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture.

Tourné en mars 2019 à la Médiathèque Jean-Jacques Rousseau de Chambéry.
Tous droits réservés.

La conservation

Selon l’article 7 de la Charte de conservation dans les bibliothèques, élaborée en 2011 par le service du livre et de la lecture du Ministère de la Culture, et par la mission de l’information scientifique et technique et des réseaux documentaires du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : « la conservation est l’activité par laquelle le responsable d’un document, d’un objet ou d’un fonds s’assure qu’il le met à la disposition du public présent et à venir dans le meilleur état possible d’intégrité. »

La conservation préventive

"La conservation préventive est l’activité par laquelle le responsable d’un document, d’un objet, d’un fonds ou d’une collection, s’appuyant sur l’exploration de son histoire, de sa structure et de ses composants, prévient ou limite son altération, sa détérioration ou sa perte en lui assurant des conditions optimales de conservation. », article 10 de la Charte de conservation dans les bibliothèques. Les documents des fonds de bibliothèques sont constitués essentiellement de matière organique et donc par essence périssable. Le processus de dégradation peut toutefois être ralenti considérablement par la création de conditions favorables de stockage.
Les précautions à prendre pour conserver les documents en bibliothèques, présentées lors du congrès de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques (IFLA) en 1979 , sont les suivantes :
  • Ambiance climatique conditionnée : conservation dans des réserves ou magasins, dont la température et l’hygrométrie (taux d’humidité) sont contrôlées en permanence. Les variations de température sont néfastes aux documents, un système de climatisation peut réduire le risque d’écarts trop importants.
  • Niveau de lumière : maintien des niveaux de lumière aussi bas que possible (pour limiter la dégradation par la lumière), lors du stockage et de l’utilisation.
  • Propreté des magasins : protection des collections contre la poussière, grâce à un programme de nettoyage régulier, effectué avec soin et sous contrôle. Ce programme comporte aussi l’examen des collections afin que l’on soit averti précocement de dégâts biologiques ou chimiques (micro-organismes, insectes, humidité notamment, peuvent causer des dégâts sérieux et parfois irréparables).
  • Équipement mobilier des magasins adapté : stockage des documents reliés sur des rayonnages adéquats, chaque rayon étant un peu plus large que le livre qu’il supporte. Il est important de laisser de l’espace pour la circulation de l’air. Les chemises et boîtes contenant les feuilles volantes sont stockées dans des meubles ou des tiroirs.
  • Précautions contre les dégâts matériels en particulier de la manipulation des documents : les fonds des bibliothèques sont destinés à l’utilisation. Le bibliothécaire doit s’assurer que les collections sont utilisées d’une manière qui ne les endommage pas; l’utilisation fréquente et les manipulations répétées constituent un danger de dégradation. La numérisation facilite aujourd’hui la consultation. Le personnel amené à manipuler fréquemment les documents doit être formé. Si le port de gants blancs a été longtemps préconisé, les pratiques ont évolué et beaucoup de conservateurs reviennent sur leur utilisation : ils se salissent aussi facilement que les mains nues et provoquent la production de sueur, ils atténuent le sens du toucher (notamment pour les papiers fins et cassants). Un article de la lettre d’informations de l’IFLA (en anglais) traite de ce sujet : Fausses idées sur les gants blancs in International Preservation News n° 37, 2005 (lien URL, nouvel onglet).

Le fonds de conservation de la Médiathèque Jean-Jacques Rousseau de Chambéry

Les fonds patrimoniaux sont voués à être conservés sans limitation de durée; le fonds de conservation est constitué des fonds clos et des fonds aux axes de conservation définis.  Ils sont abrités dans des magasins climatisés à la médiathèque Jean-Jacques Rousseau. Une réserve à la sécurité renforcée accueille les plus précieux. Les documents sont consultables sur place et une partie des documents sont numérisés et accessibles sur la bibliothèque numérique de Chambéry : Camberi@ (lien URL, nouvel onglet). On distingue les fonds Anciens, le fonds régional Savoie, le fonds de conservation ouvert et le fonds des cartes et plans. À l’occasion du tournage de la vidéo du booktube du patrimoine, Clothide Chamussy a pu filmer une multitude de documents issus de ces différents fonds.

Le fonds régional Savoie

Créé au cours des années 1960, le fonds régional Savoie a d’abord été constitué à partir d’autres fonds de la bibliothèque, puis par acquisitions (monographies, cartes et plans, documents sonores et vidéos) et collectes de documents divers (tracts, brochures, affiches, cartes postales). Le fonds vise à rassembler de façon exhaustive tout document dont le contenu intéresse la Savoie, la Haute-Savoie ou les territoires ayant appartenu aux États de Savoie. Étant donné son mode de constitution, le fonds s’accroît très vite, la majorité des documents sont contemporains.

Le fonds du Docteur Jules Carret

Jules Carret, né à Aiguebelle en 1844 et mort à Chambéry en 1912, est un médecin et homme politique. Devenu conseiller municipal à Chambéry, il rédige, entre autres, un rapport pour l’achat des Charmettes (la maison dans laquelle Jean-Jacques Rousseau a vécu). Il entreprend également des fouilles à la grotte de La Doria. Toutes ses archives, léguées à la Ville de Chambéry sont conservées à la médiathèque Jean-Jacques Rousseau : dossiers de presse, correspondance,  affiches, carnets de notes, brouillons de ses écrits, papiers personnels et de nombreuses cartes postales que l’on entrevoit dans la vidéo. La salle patrimoine de la médiathèque porte son nom.

Le fonds de Cartes et plans

Fonds spécialisé constitué de cartes anciennes manuscrites et imprimées (Savoie, Asie, Afrique, Océanie, Amériques, Europe) et de plans de Chambéry et de ses principaux monuments, datés du 16e au 20e siècles.

Pour aller plus loin

Pour aller encore plus loin

  • Découvrez ou redécouvrez l'histoire de la série des Shadoks créée par Jacques Rouxel et un jeune dessinateur Jean-Paul Couturier, qui a inspiré Clothilde Chamussy pour la réalisation de l'épisode Voilà les savoyards sur le site de la chaîne de télévision Arte (lien URL, nouvel onglet).

 

Épisode 4 : Mission chrono : Protocole L.A.P.I.N à la Médiathèque de Roannais Agglomération - Roanne

Synopsis

Dans ce quatrième épisode de la saison 3 des Booktubes du patrimoine, Clothilde interviewe l'équipe de la Médiathèque de Roannais Agglomération - Roanne au sujet de l'acquisition singulière du Recueil de Cartes, plans et vues des digues que le roi a fait construire sur la Loire en Forez  réalisé par Pierre-Jacob Guéroult Du Pas vers 1714. Cette vidéo retrace la course contre la montre engagée en 2014 pour faire entrer le recueil dans les collections de la médiathèque en déclenchant des procédures de soutien à l'acquisition en un temps record.

Réalisation

Création originale de Clothilde Chamussy pour la chaîne Passé Sauvage.
La production et la réalisation de cette vidéo ont eu lieu dans le cadre du projet Lectura Plus, financé par les collectivités partenaires, avec le soutien de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes et coordonné par Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture.

Tourné en avril 2019 à la Médiathèque de Roannais Agglomération - Roanne.
Tous droits réservés.
En février 2014 est portée à la connaissance de la Ville de Roanne l’existence de la vente d’un document d’exception intitulé Recueil de Cartes, plans et vues des digues que le roi a fait construire sur la Loire en Forez daté des environs de 1714 et exécuté par Pierre-Jacob Guéroult Du Pas. Ce recueil, qui allait être vendu le 6 mars suivant par la société de ventes aux enchères Alde, faisait partie d’une importante collection d’un amateur consacrée à l’architecture.

Le recueil et ses conditions d’exécution

Composé de 12 planches aquarellées, dessinées et peintes par Pierre-Jacob Guéroult du Pas (1654-1740), cet ensemble de planches avait été commandité par Charles-Henri de Malon (1678-1742), seigneur de Bercy, intendant des finances, grand-maître et directeur général des Ponts et Chaussées, pour être présenté au roi Louis 14. Il devait servir de justification aux travaux ou projets de digues réalisés sur la Loire dans le cadre d’opérations visant à renforcer la navigabilité du royaume.
En effet, en 1711, une décision royale avait permis d’initier de grands ouvrages d’art sur les rivières du royaume afin, entre autres, de faciliter le commerce en France. Cette décision ne faisait qu’entériner des travaux initiés sous Colbert qui était à l’origine, également, de la création d’un vivier de techniciens formant une véritable administration des Ponts et Chaussées.

Son intérêt pour le territoire

Ce document illustre les ouvrages d’art réalisés pour faciliter la navigation sur la Loire. C’est vers 1702 qu’un programme de navigabilité était envisagé entre Saint-Rambert et Roanne, pour pallier les crues violentes dont Roanne avait fait l’objet de façon récurrente en 1707, 1709, 1710 et 1711. Le document mis en vente présentait donc un intérêt éminent pour l’histoire locale et nationale.
Les collections patrimoniales de la Médiathèque de Roanne en la matière étant plus tardives et concernant davantage le canal de Roanne à Digoin ou l’histoire des crues, l’acquisition de ce recueil permettait de mieux connaître l’histoire locale à une époque qui est assez peu référencée. Il présentait l’intérêt, entre autres, de figurer les différentes localités ainsi que les moulins existant à l’époque entre Saint-Rambert et Roanne.

Les conditions d’acquisition

Face à l’importance et au caractère unique de ce document, une décision rapide a été prise, de la part de la Ville de Roanne, de se porter acquéreur auprès de la société de vente aux enchères.
Seulement, l’estimation de ce document dépassait largement le budget alloué à l’acquisition de documents patrimoniaux. Afin de réunir la somme nécessaire à cette acquisition, des mesures d’exception et d’urgence ont été mises en route dans un temps relativement court (moins de 15 jours). Ainsi, la Ville a pu bénéficier d’un fort subventionnement à plusieurs niveaux. Une part de la somme nécessaire a été couverte par le Bureau du Patrimoine du Ministère de la Culture et de la Communication au titre de l’Acquisition Patrimoniale d’Intérêt National (A.P.I.N), une autre part a été prise en charge par la Région Rhône-Alpes au titre du Fonds Régional d’Acquisition des Bibliothèques (FRAB). Enfin, consciente du haut intérêt de ce recueil et désireuse d’accompagner la Ville face à l’effort significatif accompli dans le cadre de cette acquisition une association locale, l’association des Amis du Musée et de la Médiathèque, a procédé à un don.
Grâce à la réactivité de différents services, et à la préemption effectuée par le Ministère de la Culture au nom de la Ville de Roanne, cette dernière est devenue, le 6 mars 2014, l’heureux nouveau propriétaire du Recueil de Cartes, plans et vues des digues que le roi a fait construire sur la Loire en Forez.

 

Épisode 3 : La poésie contre-attaque à la Bibliothèque du patrimoine de Clermont Auvergne Métropole

Synopsis

Pour le troisième épisode de la saison 3 des Booktubes du patrimoine (inspiré de l'épisode 5 de Star Wars), Clothilde s'entretient avec Jean-Pierre Siméon, auteur qui a légué de son vivant une grande partie de ses archives à la Bibliothèque du Patrimoine de Clermont Auvergne Métropole. L'occasion d'aborder avec lui la place de la poésie (dans la galaxie) et des poètes (maîtres jedi) dans notre société (intergalactique), mais aussi l'importance des archives littéraires.

Réalisation

Création originale de Clothilde Chamussy pour la chaîne Passé Sauvage.
La production et la réalisation de cette vidéo ont eu lieu dans le cadre du projet Lectura Plus, financé par les collectivités partenaires, avec le soutien de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes et coordonné par Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture.

Tourné en février 2019 à la Bibliothèque du patrimoine de Clermont Auvergne Métropole.
Tous droits réservés.

Les archives littéraires

Les archives littéraires sont les documents produits, rassemblés ou reçus par des personnes et des organismes œuvrant activement dans des domaines liés à la littérature (auteurs, illustrateurs, maisons d’édition) dans le cadre de leurs activités personnelles (correspondance, journal intime, comptes) et de leur activité d’écriture (manuscrits, dossier d’éditions, documents de travail).
Les archives littéraires, qui sont par essence des archives privées, peuvent faire l’objet de dons ou de legs auprès des bibliothèques territoriales, soit du vivant de l’auteur soit par ses ayants droit. Le choix d’une bibliothèque en particulier se fait souvent du fait d’une proximité géographique entre l’auteur et la bibliothèque qui accueille le fonds. La bibliothèque peut également enrichir un fonds existant par l’achat de documents spécifiques ou de pièces significatives.

Les archives littéraires fascinent, car elles dévoilent les secrets de fabrication de l’œuvre artistique, elles sont le témoin du processus de création de l’artiste. Les ratures, les modifications, les fautes d’orthographe, comme le relève Jean-Pierre Siméon dans son interview, sont autant de preuves de l’authenticité de l’écrivain, de son implication et de son travail.
Ces archives permettent également de replacer l’auteur au sein d’un contexte particulier : sa correspondance renseigne sur les relations qu’il entretient avec ses contemporains, sa bibliothèque personnelle sur ses centres d’intérêt.
En cela, ces fonds sont des objets d’études essentiels pour la recherche littéraire, comme pour l’histoire, la sociologie, la science ou encore la politique.

Les archives littéraires ne sont pas constituées uniquement de documents manuscrits, elles contiennent aussi des photographies, des coupures de presse, des livres ou encore des objets. Avec l’avènement du numérique, les documents dématérialisés et les supports électroniques posent de nouvelles questions sur la conservation du patrimoine littéraire de demain.

Le fonds Jean-Pierre Siméon de la Bibliothèque du Patrimoine de Clermont Auvergne Métropole

Jean-Pierre Siméon est un auteur, dramaturge, critique, poète et romancier né le 6 mai 1950 à Paris. Agrégé de lettres modernes en 1974, il enseigne pendant vingt ans la littérature à l’IUFM de Clermont-Ferrand, ville où il réside aujourd’hui.
Il a composé et publié une vingtaine de recueils de poèmes, mais aussi des romans, des livres pour la jeunesse et des pièces de théâtre.

En 2011, Jean-Pierre Siméon prend contact avec le conservateur de la Bibliothèque du Patrimoine, dans le but de donner ses archives. Un inventaire est dressé, entre décembre 2011 et octobre 2012, au domicile de l’auteur, selon un plan de classement élaboré d’un commun accord. Une convention pour l’exploitation est signée en octobre 2012 et le 5 juin 2013, le fonds est officiellement reçu en présence de l’auteur lors d’une soirée littéraire.

Le fonds rassemble des documents datés de 1966 à 2011. Une première partie comprend les agendas, les copies d’étudiant ou encore les manuscrits de poésie de jeunesse non publiés de Jean-Pierre Siméon, retraçant les premiers pas de sa création littéraire.
La seconde partie contient principalement des archives retraçant son histoire littéraire et personnelle : ses manuscrits et tapuscrits témoignant de l’important travail de réécriture autour de ses recueils, ses critiques littéraires publiées dans L’Humanité, son abondante correspondance avec de grands noms de la littérature française, francophone et étrangère, des photographies de ses interventions en classe et des Lectures sous l’arbre (festival annuel qui a lieu au Chambon-sur-Lignon), des coupures de presse concernant ses publications et toute la documentation reflétant son activité de « militant poétique » notamment auprès des élèves.
Source : L’atelier de l’écrivain, exposition virtuelle réalisée par la Bibliothèque du patrimoine de Clermont-Ferrand, 2013 : L’atelier de l’écrivain (lien URL, nouvel onglet)

Pour aller plus loin


 

Épisode 2 : La gardienne des clés à la Bibliothèque municipale de Grenoble.

Synopsis

Dans ce second épisode de la saison 3 des Booktubes du patrimoine, Clothilde rencontre l'équipe en charge des fonds patrimoniaux de la Bibliothèque municipale de Grenoble. En suivant la gardienne des clés, elle nous fait découvrir les magasins de conservation, inaccessibles au public, dans lesquels sont conditionnés et stockés les documents patrimoniaux. Dans les bureaux, les agents chargés du marquage, de l'estampillage, du catalogage et du conditionnement réalisent, sous l’œil de la caméra, les gestes précis et minutieux nécessaires à la sauvegarde du patrimoine écrit.

Réalisation

Création originale de Clothilde Chamussy pour la chaîne Passé Sauvage.
La production et la réalisation de cette vidéo ont eu lieu dans le cadre du projet Lectura Plus, financé par les collectivités partenaires, avec le soutien de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes et coordonné par Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture.

Tourné en  janvier 2019 à la Bibliothèque municipale de Grenoble.
Tous droits réservés.

La conservation préventive : estampillage, indexation et conditionnement

À la bibliothèque d'étude et du patrimoine de Grenoble, les documents sont rangés sur 4 étages de magasins, soit 23 kilomètres linéaires de rayonnages. Pour éviter les écarts thermiques ou le développement de moisissure, la température y est fixée à 18 degrés environ, et l'hygrométrie à 55 % d'humidité relative. La lumière naturelle y est restreinte au maximum et les documents ne sont pas exposés à un éclairage direct. Certains d'entre eux sont aussi conditionnés en boîtes pour être protégés de la poussière, pour pallier leur fragilité quand ils ne sont pas reliés, ou pour éviter qu'ils ne s'égarent en raison de leur format réduit.
Avant de rejoindre les magasins, les documents sont traités par les agents, afin de les marquer, de les cataloguer et éventuellement de les nettoyer.

L'estampillage :

L’estampillage est la manière la plus ancienne et la plus sûre de marquer un document pour en protéger la propriété. Il s'agit d'apposer une marque, à un endroit bien précis en fonction de la nature du document (manuscrit, estampe, photographie) et de la nature du support.

L'indexation :

L’indexa­tion par un numéro permet ensuite de cataloguer le document. Cette étape cruciale permet de localiser le document dans les magasins et de faciliter son suivi et sa communication au public.

Le conditionnement :

Le conditionnement est une opération destinée à protéger matériellement les documents à l’aide de chemises, de sous-chemises, de boîtes, de papier d’empaquetage, de sangles, de tubes, de pochettes, réalisés dans un matériau neutre. Il permet d'assurer une protection contre la lumière et la poussière et forme un rempart contre les insectes, l’eau et le feu.
Source : Abrégé d’archivistique de l'Association des Archivistes de France.

Le fonds patrimonial de plaques de verre de la Bibliothèque municipale de Grenoble

Le fonds comporte plus de 47000 plaques de verre et constitue une collection exceptionnelle à la bibliothèque municipale de Grenoble. Il rassemble des photographies principalement dauphinoises et alpines, réalisées entre la fin du 19e et le début du 20e siècle. La majeure partie du fonds provient de la dynamique Société dauphinoise d'amateurs photographes, la SDAP.

Regard sur les collections photographiques dauphinoises

Dès sa création, le riche fonds dauphinois conservé à la bibliothèque municipale de Grenoble eut vocation à recueillir tous types de documents relatifs à l’ancienne province de Dauphiné (départements de l’Isère, de la Drôme et des Hautes-Alpes) : imprimés, manuscrits, iconographie, objets.

Réalisés pour la plupart aux balbutiements de la photographie, les clichés y tiennent une place de choix. On trouve des albums aux images sépia dévoilant des vues de Grenoble ou de sa région (anonymes ou réalisées par Muzet ou Léon), ou témoignant des manœuvres des incontournables chasseurs alpins, ainsi que des tirages montés sur cartons légendés représentant divers lieux dauphinois (tels 150 clichés dus à Eugène Charpenay), et des scènes animées (cavalcades, constructions d’ouvrages d’art, etc.). Mais la principale collection est celle de la Société dauphinoise d’amateurs photographes (SDAP, créée en 1890), représentant plus de 25000 plaques de verre (négatifs, positifs, positifs de projection, et quelques autochromes), et remise à la bibliothèque de la Ville de Grenoble en 1941 à la dissolution de l’association.

À la fin du 20e siècle, cette collection a été complétée par le don des héritiers de Samuel Chabert (1868-1924), soit 1300 plaques stéréoscopiques d'excursions autour de Grenoble effectuées par cet universitaire et son ami Recoura. Quant aux 20000 tirages et diapositives du grand géographe alpin Paul Veyret (1912-1988), ils ont aussi rejoint les collections de la bibliothèque municipale de Grenoble après son décès.

La bibliothèque est engagée depuis plusieurs années dans un chantier de conditionnement des collections de plaques de verre pour lequel elle a obtenu une subvention du Ministère de la Culture en 2018.

Aujourd’hui numérisée, la collection de la SDAP est mise en ligne au fur et à mesure de son indexation sur la bibliothèque numérique de Grenoble PaGella (lien URL, nouvel onglet).


Les prises de vues finales de la vidéo de Passé Sauvage ont été tournées dans les salles où était présentée l'exposition Nos mémoires vivent. Organisée par la bibliothèque municipale de Grenoble du 22 novembre 2018 au 30 mars 2019 à la bibliothèque d'étude et du patrimoine, cette exposition présentait le travail de deux photographes, Stéphanie Nelson et Alexis Bérar, qui confrontent leur regard d'artiste sur le fonds patrimonial de plaques de verre de la bibliothèque.


Source : Olivier Tomasini et Marie-Françoise Bois-Delatte, in livret d'exposition Nos mémoires vivent, dialogues de Stéphanie Nelson et Alexis Bérar avec le patrimoine photographique, exposition à la bibliothèque d'étude et du patrimoine de Grenoble du 22 novembre 2018 au 30 mars 2019.

Pour aller plus loin


 

Épisode 1 : Les envahisseuses : numérisez-les toutes ! à la Médiathèque de Tarentaize de Saint-Étienne.

Synopsis

Dans ce premier épisode de la saison 3 des Booktubes du patrimoine, Clothilde rencontre l'équipe de la Cinémathèque, installée au sein de la Médiathèque de Tarentaize de Saint-Étienne. Des réserves climatisées abritant des kilomètres de bobines aux ateliers de numérisation en passant par la salle de projection, elle découvre les riches collections cinématographiques constituées depuis les années 1920. Ces films, conservés sur des supports fragiles, qui envahissent les espaces de conservation sont numérisés afin d'assurer leur sauvegarde et de les rendre accessibles au plus grand nombre.

Réalisation

Création originale de Clothilde Chamussy pour la chaîne Passé Sauvage.
La production et la réalisation de cette vidéo ont eu lieu dans le cadre du projet Lectura Plus, financé par les collectivités partenaires, avec le soutien de la DRAC et coordonné par Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture.

Tourné en  décembre 2018 à la Médiathèque de Tarentaize de Saint-Étienne.
Tous droits réservés.

De l'Office du cinéma éducateur à la médiathèque

La Cinémathèque de Saint-Étienne a été créée en 1922 par la ville de Saint-Étienne, l’Inspection académique et le Département de la Loire, à l’époque des Offices du cinéma éducateur.   Son but était de favoriser l’utilisation pédagogique du cinématographe dans le cadre de l’école.  Le fonds initial a été constitué de films instructifs donnés par le Ministère de l’Instruction publique via la Cinémathèque du Musée pédagogique, de films documentaires, principalement issus des collections Pathé, et de films récréatifs, fictions à épisodes, burlesques et films d’animation. L’activité essentielle était le prêt de films aux écoles. Pour assurer les projections, des appareils étaient prêtés ou déposés à l’année dans les établissements scolaires.

Le 26 mai 1926, l’Office achète une caméra 35 mm avec laquelle il réalise son premier film. C’est le début du Ciné-Journal, un ensemble de films dédiés aux événements municipaux et à la vie quotidienne stéphanoise, tournés dans les années 1920 et 1930. 

En 1930, l'Office possède 1014 films, 2100 en 1938. Petit à petit, il fait aussi l'acquisition de films 16 mm et achète des films de vues fixes (10000 titres). L'Office évolue progressivement  d'un service de cinématographie scolaire à celui d'une cinémathèque. En 1971, elle prend le nom de Cinémathèque municipale de Saint-Étienne et en 1993 elle intègre le bâtiment de la médiathèque de Tarentaize.

Source : De l’Office du cinéma éducateur à la médiathèque par Gérard Vial (lien URL, nouvel onglet)

L'accès aux collections par la numérisation

La Cinémathèque a vocation à sauvegarder le patrimoine cinématographique en collectant, cataloguant et conservant les films. Les collections, aujourd'hui constituées de plus de 4000 bobines (surtout des documentaires en 16 et 35 mm), plus de 2000 livres, revues et affiches, se sont enrichies grâce à une politique d'achat et, à partir de 1981, grâce aux dépôts de films.
La Cinémathèque assure une mission de diffusion à travers la programmation d'un cycle de
conférences-projections consacrées à l'histoire du cinéma, d'un cycle de films régionaux, de rencontres avec des cinéastes, de projections débats et de films pour le jeune public. Afin de former les publics à l'image animée, le service d'animation effectue également un travail pédagogique auprès de tous les publics.
Depuis les années 1990, la numérisation des collections est au cœur des enjeux de la conservation patrimoniale. Afin de préserver le patrimoine cinématographique et pour le rendre accessible au plus grand nombre, la cinémathèque s'est dotée en 2015 de matériel de numérisation afin de digitaliser ses collections. Les films restaurés et numérisés sont proposés en accès libre sur un site dédié mis en ligne en juillet 2019 : cinematheque.saint-etienne.fr (lien URL, nouvel onglet)

Pour aller plus loin


 

La saison 3

Une création de Passé Sauvage

Passé Sauvage est une chaîne de vulgarisation scientifique créée en 2016 par Clothilde Chamussy sur Youtube. Les vidéos traitent principalement d’archéologie, d’anthropologie et d’histoire. Pour Lectura Plus l'archéologue va effectuer des fouilles au côté des professionnels des bibliothèques, afin de vous faire découvrir le chemin méconnu d'un document devenu patrimonial, de son acquisition à sa valorisation.

Les secrets des métiers du patrimoine écrit enfin dévoilés !

Découvrez l'envers du décor dans cette saison 3. Clothilde Chamussy vous emmène dans les coulisses des bibliothèques publiques d'Annecy, Bourg-en-Bresse, Chambéry, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Roanne, Saint-Étienne et Valence. Elle vous initiera à la numérisation, au conditionnement, au déplacement des collections, à l’acquisition d'un document patrimonial, etc. À l'occasion des tournages, elle a pu rencontrer et interviewer les bibliothécaires qui font vivre les précieux fonds de la région. À l'issue de cette saison, la vie d'un document patrimonial et les gestes des professionnels qui en prennent soin n'auront (presque) plus de secrets pour vous.

Un feuilleton avec un épisode à découvrir chaque mois !
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